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Sciences légales : Analyse de fibres
Les fibres sont les constituants de base des tissus, qu’ils
soient d’origine naturelle ou synthétique. Les fibres
textiles peuvent être échangées entre deux personnes
(notamment entre la victime et l’agresseur), ou une personne
et un objet voisin (une victime et le tapis sur lequel elle est tombée,
par exemple) ou même deux objets (une fibre de tapis adhérant
à une arme). Ce transfert et la permanence de la fibre sur
le receveur dépendent du temps de contact entre donneur et
receveur et du type de la fibre. De plus, la fermeté d’un
tissage affecte leur transfert, tout comme l’âge et le
degré d’usure d’un tissu.
Si les fibres constituent des pistes importantes, certaines sont si
communes (coton blanc) qu’isolées, elles ne peuvent être
considérées que comme des indications. C’est la
multiplication des fibres identiques (matière, diamètre,
forme de la section, teinture, etc.) retrouvées sur un suspect
et sa victime qui devient convaincante.
Différents appareils sont utilisés pour l’analyse
de fibres, dont le microscope en lumière polarisée.
Des coupes de fibres, visualisées à l’aide d’un
microscope électronique à balayage, peuvent révéler
des procédés industriels spécifiques à
un producteur précis, permettant de remonter plus facilement
une piste. Les teintures des tissus sont aussi révélatrices
puisqu’il en existe une multitude, ce qui permet de les différencier
plus aisément.
La démarche intellectuelle de l’enquêteur est surtout
d’ordre statistique. Par exemple : existe-t-il une probabilité
non-nulle pour que cette fibre de lin bleu pâle, cette autre
de laine courte et très épaisse (donc de tapis) vert
bronze et rouge, et cette troisième, de Nylon, teinte d’un
orange réfléchissant de composition chimique bien particulière
(comme dans Mémoires mortes), retrouvées sur
la victime et sur un suspect proviennent en réalité
d’une tierce personne, sans relation avec le meurtre ?
Tout le problème d’une analyse de fibres (et, dans une
moindre mesure, d’une analyse de peinture) n’est pas tant
sa difficulté technique. C’est bien davantage la possibilité
de mettre en concordance une formulation chimique et une origine,
qu’il s’agisse d’une marque de vêtements ou
de la provenance d’un tapis ou de la moquette de sol d’une
voiture. Un même fabriquant peut, en cours de commercialisation
d’un objet quelconque, changer de fournisseur de matière
première ou la composition de ses bains de teinture, rendant
le travail des enquêteurs délicat.
Romans concernés :
>>>
Postmortem
>>>
Mémoires mortes
>>>
Et il ne restera que poussière
>>> Suite
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