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Sciences légales : Phénomènes de décomposition
The Body Farm est un terrain dans lequel on confronte –
à des fins scientifiques – des corps donnés à
la science à différentes conditions de nature de sol,
d’humidité, etc. Le but est de suivre la séquence
de décomposition, laquelle est fonction de nombreux paramètres
naturels, qui rendent l’évaluation de la fameuse «
heure de la mort » si ardue.
Les phénomènes cadavériques peuvent se décrire
schématiquement de la façon suivante :
Arrêt des battements cardiaques.
Cessation de la contraction musculaire (laquelle peut être différée
puisqu’on connaît des cas d’accouchements après
le décès de la mère).
Insensibilité totale du sujet (aussi notée dans certains
cas psychiatriques).
Plus aucune respiration n’est constatée.
Un relâchement musculaire suit, donnant au visage son expression
figée, les pupilles sont dilatées, les paupières
entr’ouvertes, les émissions d’urine et de matière
fécale fréquentes.
Le sang reste fluide pendant une heure environ après la mort,
ne coagulant ensuite que dans certaines zones (cœur, gros vaisseaux).
La température corporelle baisse. Des diagrammes existent,
cernant l’abaissement progressif de la température rectale
en fonction de la température ambiante, mais d’autres
facteurs entrent en jeu. Notre température corporelle est de
37 °C. Il est généralement admis que la température
interne d’un cadavre baisse d’un degré par heure
durant les quinze premières heures suivant la mort. Ainsi,
la température rectale d’un corps maintenu dans une ambiance
de 18 °C durant vint-cinq heures tombe à 20 °C. Mais
ceci est très sujet à fluctuations en fonction de la
température ambiante, des vêtements, de l’adiposité
du sujet, de son état de santé, etc.
Les phénomènes de déshydratation sont très
importants : un corps d’adulte peut perdre jusqu’à
vingt grammes d’eau par kilo de poids corporel par jour après
la mort.
PHENOMENES MACROSCOPIQUES
Les phénomènes de décomposition commencent
: Les lividités cadavériques s’installent. Si
elles sont en contradiction avec la pesanteur, c’est que le
cadavre a été bougé post mortem. Ainsi
un cadavre portant des lividités au niveau des omoplates
était allongé sur le dos. Le retrouver à plat
ventre est l’indice d’une intervention humaine après
la mort. La rigor mortis ou rigidité cadavérique
s’installe rapidement. Elle débute deux à quatre
heures après la mort, est totalement installée en
douze heures et disparaît en deux à trois jours (bien
que plus rapidement en été).
Ce que l’on nomme en langage courant « la décomposition
» est en réalité la putréfaction. Elle
est due à une auto-digestion tissulaire mais aussi aux bactéries
intestinales qui se répandent. Elle commence par une tache
verte abdominale (approximativement en 48 h), un décollement
de l’épiderme, un écoulement de liquide sanglant
par le nez et la bouche, et la destruction progressive de tous les
tissus mous avec désarticulation de la mandibule (deux semaines).
Quelques jours après le décès s’ajoutent
à ces processus « intrinsèques » l’action
des ravageurs extérieurs (mammifères, oiseaux, insectes
nécrophages, etc.).
Il est évident que ces processus sont grandement influencés
par la nature du sol, l’humidité et la température.
PHENOMENES MICROSCOPIQUES
Il s’agit de toutes les modifications tissulaires et cellulaires.
Elles sont extrêmement nombreuses et variées. Les cellules
cardiaques commenceront à se modifier une douzaine d’heures
après la mort ; en revanche, les lymphocytes présents
dans la rate resteront assez intacts durant un à trois mois.
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