Sciences légales : Empreintes génétiques


C’est en 1985 que le Britannique Alex Jeffreys a conçu ce qui allait devenir l’empreinte génétique.

L’ADN est une énorme molécule renfermant dans son code tout notre patrimoine génétique, sur deux chaînes complémentaires qui se font face et sont enroulées en double hélice. Elles formeront les chromosomes (46 dans notre espèce). L’ADN est surtout localisé dans le noyau des cellules (chez les eucaryotes, dont nous sommes). Nous en héritons pour moitié de notre mère et pour l’autre, de notre père.

L’ADN est constitué par l’agencement de quatre bases, A, T, C, G, qui se répètent pour former les gènes. Chaque cellule de notre corps (à l’exception des globules rouges) contient une version complète de cette molécule, identique dans toutes nos cellules. Pourtant, chacun d’entre nous (à l’exception des vrais jumeaux) possède un ADN différent, qui est notre vraie carte d’identité biologique.

Si le génome humain renferme environ 3 milliards de paires des bases ATCG, il n’existe qu’environ 100 000 gènes chez l’Homme. En d’autres termes, environ 5 % de l’ADN « semble servir véritablement », c’est-à-dire être traduit en protéines. Tout le reste est appelé ADN non-codant. Des enchaînements de bases d’ADN non-codant peuvent se répéter un grand nombre de fois sur le même brin d’ADN, donnant des séquences extrêmement variables (VNTR : variable number tandem repeat) d’un individu à l’autre, qui seront utilisées pour les empreintes génétiques.

Lorsque des échantillons biologiques susceptibles de contenir de l’ADN sont prélevés d’une scène de crime (sang, salive, sperme), il faut d’abord découper cette énorme molécule en morceaux plus petits. Des enzymes de restriction spécifiques sont utilisées – dont on sait qu’elles découpent l’ADN à des endroits bien précis. Les fragments sont alors soumis à un champ électrique qui les fait migrer sur une plaque de gel. Après la migration, le gel est fixé, afin de ne pas risquer d’abîmer ultérieurement l’ADN. Il est confronté ensuite à des sondes spécifiques, auxquelles sont attachés des marqueurs radioactifs qui permettront de les repérer. Plus le nombre de ces sondes augmente, plus la probabilité d’erreur d’identification diminue pour atteindre des risques de l’ordre de 1 sur 10 à 20 milliards.

A l’origine assez longue et très coûteuse, cette technique peut maintenant être réalisée en quelques heures. Autre avancée : elle nécessitait auparavant une quantité d’échantillons biologiques relativement importante, que les techniques actuelles d’amplification de l’ADN (PCR : polymerase chain reaction) ont permis de réduire considérablement. Cela étant, il est clair que les différentes étapes du protocole sont beaucoup plus délicates que ce simple exposé pourrait le laisser croire, et qu’elles exigent une expertise et des précautions considérables si l’on veut garantir la fiabilité des résultats. Ainsi, une micro-goutte de la salive d’un expérimentateur (postillon) tombant dans un échantillon peut-elle compromettre l’analyse.

Les empreintes ADN sont utilisées dans de très nombreux domaines, dont surtout : police, recherche en paternité, paléontologie, fraudes, qu’elles soient alimentaires ou autres, etc.

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