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L'enquête : L'ADN, des premiers essais négatifs aux résultats
de l'ADN mitochondrial
En manipulant et en léchant les timbres et les rabats
des enveloppes, des cellules provenant de la salive ont été
emprisonnées dans la colle. Plus d'un siècle plus tard,
en septembre 2001, les spécialistes de l'ADN de l'Institut
de science médico-légale de Virginie, dirigés
par le Dr Paul Ferrara, reçurent du gouvernement britannique
l'autorisation d'effectuer des analyses sur les lettres originales
de l'Éventreur. Des prélèvements furent
également effectués sur des lettres, enveloppes et timbres
utilisés par Sickert, par sa première épouse,
Ellen Cobden Sickert, et par son maître, James McNeill Whistler
(non pas que ces deux derniers fussent suspects, mais des proches
pouvaient avoir « contaminé » des indices laissés
par Sickert).
L'équipe se mit à la recherche des marqueurs génétiques,
à l'aide de pinces, d'eau stérilisée
et de tampons de coton. La première série de tests relatifs
à l'ADN nucléaire, menée à l'Institut
de science médico-légale de Virginie, fut décevante
et ne fit apparaître aucune trace de vie humaine parmi les cinquante-cinq
échantillons prélevés. Une deuxième série,
à partir d'échantillons prélevés
sur d'autres parties des mêmes enveloppes et des mêmes
timbres, ne fut pas meilleure. La plastification des lettres, les
mauvaises conditions de conservation et la colle utilisée pour
les timbres sont des responsables possibles de cet échec.
La dernière possibilité consistait en l'analyse de l'ADN
mitochondrial, beaucoup plus complexe et coûteuse, et aux résultats
plus difficilement interprétables. Les cinquante-cinq échantillons
d'ADN furent envoyés au Bode Technology Group, un laboratoire
d'analyses privé, de renommée internationale.
Les analyses des échantillons prirent de longs mois. Finalement,
le Dr Paul Ferrara annonça qu'une séquence d'ADN
mitochondrial d'un unique donneur avait été repérée
sur deux lettres de l'Eventreur. Cette séquence permet
de désigner la personne qui a laissé sa salive sur le
timbre, en éliminant 99 % de la population. Et c'est
cette même séquence qui a été découverte
sur deux autres lettres, écrites celles-là par Walter
Sickert.
Ces tests ADN sont les plus anciens jamais effectués dans une
affaire criminelle.
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