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L'enquête : Une fistule au pénis
Au cours de son enfance, Walter Sickert avait subi trois opérations
pour une fistule, la dernière ayant eu lieu lorsqu'il
avait cinq ans. Au cours d'une conversation avec John Lessore,
neveu de Sickert, Patricia Cornwell fut stupéfaite d'apprendre
que cette fistule était en fait un « trou dans le pénis
». Ce type de malformation, d'origine génétique,
peut aller d'une ouverture de l'urètre à
la base du pénis, à une « gouttière »
le long d'un pénis atrophié, ce qui était
interprété à l'époque comme un cas d'hermaphrodisme.
Le nombre d'opérations et leur espacement laissent supposer
que son infirmité était grave et qu'il y avait
eu des complications. Les séquelles pouvaient aller depuis
une sténose entraînant des érections douloureuses
jusqu'à une mutilation qui aurait pu le rendre impuissant.
Un tel traumatisme chez un enfant laisse des traces indélébiles.
Il est possible que Sickert ait interprété sa malformation
et ses souffrances comme une tare génétique héritée
de l'immoralité de sa descendance du coté maternel.
Sa grand-mère avait en effet eu une aventure sexuelle hors
mariage (et sa fille – la mère de Sickert – était
une enfant illégitime), ce qui, selon les croyances de l'époque,
signifiait qu'elle souffrait de la même tare génétique
que les prostituées : un « empoisonnement contagieux
du sang », qui se transmettait de génération en
génération.
Quoi qu'il en soit, la haine que Sickert éprouva pour
les femmes prend une autre dimension à la lumière de
ces révélations.
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de Linda Fairstein
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